Alcoolodépendance : symptômes, traitement de l’addiction à l’alcool

Alcoolodépendance : symptômes, traitement de l’addiction à l’alcoolUne consommation excessive et régulière d’alcool a une incidence sur l’état de santé. Elle peut être à l’origine de maladies graves comme un cancer du foie, du sein ou des voies aérodigestives, mais aussi une cirrhose, des pathologies cardiovasculaires, etc.

La dépendance de l’alcool favorise également l’isolement social et peut avoir des répercussions sur la santé psychologique de la personne dépendante.

Enfin, la prise excessive d’alcool peut amener à adopter des comportements dangereux pour soi et pour autrui comme la conduite en état d’ivresse.

La prise en charge de l’alcoolodépendance ne peut se faire que si la personne atteinte est à l’origine de cette décision. Elle doit avoir conscience de son état et des risques associés à ce dernier.

Comprendre l'alcoolodépendance et ses manifestations

A partir de quand parle-t-on d'alcoolisme chronique ?

La limite entre une consommation d’alcool sans risques et une consommation excessive est difficile à établir.

L’OMS (organisation mondiale de la santé) a défini des seuils à partir desquels on peut craindre des répercussions à long terme sur la santé du consommateur.

On estime ainsi que la consommation d’alcool ne doit pas dépasser :

  • 2 unités d’alcool par jour pour les femmes,
  • 3 unités d’alcool par jour pour les hommes,
  • 4 unités d’alcool lors d’un évènement occasionnel.

Une unité d’alcool correspond à 10g d’alcool, soit à un verre de vin standard (10 cl), un verre de whisky (2,5 cl), 25 cl de bière. Tout dépend de l’alcool bu.

Ces seuils ne sont qu’indicatifs pour déterminer si une personne est dépendante à l’alcool. L’alcoolodépendance se détermine également sur la capacité à ne pas boire d’alcool pendant un ou plusieurs jours.

Dans tous les cas, en cas de doute, une consultation chez votre médecin traitant permettra de faire le point sur votre consommation d’alcool. Il existe également des structures anonymes et gratuites comme les CSAPA (centres de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie).

Les signes révélateurs du syndrome de sevrage

Les manifestations physiques du sevrage alcoolique apparaissent dès les premières heures suivant l'arrêt de la consommation.

  • Des tremblements des mains, accompagnés de sueurs abondantes et de bouffées congestives du visage, constituent les premiers signaux d'alerte.
  • Sur le plan psychologique, une anxiété grandissante et des troubles du sommeil s'installent progressivement.
  • La perte d'appétit et les nausées peuvent également survenir, nécessitant un suivi médical adapté.

Dans certains cas plus sévères, des troubles neurologiques comme des crises d'épilepsie ou un delirium tremens peuvent se manifester. Ces complications requièrent une prise en charge immédiate par des professionnels de santé pour prévenir toute aggravation.

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Comment réagit l'organisme face au manque d'alcool ?

Privé d'alcool, le système nerveux central réagit rapidement par une hyperactivité compensatoire.

  • Les premiers signes apparaissent entre 6 et 12 heures après la dernière consommation, avec une envie irrépressible de boire.
  • L'organisme traverse alors une phase d'adaptation qui se traduit par des nausées, des maux de tête et une hypersensibilité aux stimuli externes.
  • Le cerveau, habitué à la présence régulière d'alcool, déclenche des mécanismes de compensation affectant le circuit de la récompense.

Un travail d'introspection et un accompagnement médical adapté permettent de mieux gérer cette période délicate. Les groupes de parole constituent notamment un soutien précieux pour traverser ces moments difficiles.

La prise en charge de l’alcoolodépendance

Traiter une addiction à l’alcool est long. Il n’existe pas de traitements miracles qui permettent de ne plus sentir les effets de la dépendance en quelques jours. C’est pourquoi la motivation du patient est déterminante pour la réussite du traitement.

Par ailleurs, la prise en charge ne doit pas être seulement médicale. Elle doit également être sociale et psychologique.

La phase de sevrage

La phase de sevrage est une étape obligatoire dans le traitement de l’alcoolodépendance. Celle-ci peut se faire à domicile, dans un établissement public ou dans une clinique privée.

Le coût et le remboursement par l’assurance maladie ne sont pas les mêmes. En effet, les cures de désintoxication dans un établissement privé sont beaucoup plus onéreuses que dans les structures publiques. Il convient alors de vérifier que votre mutuelle propose un forfait prenant en charge l’addictologie.

En cas d’hospitalisation dans un établissement public, seul le forfait hospitalier est à votre charge. Il est rarement remboursé par votre complémentaire santé.

Lors de cette phase de sevrage, il est recommandé de beaucoup s’hydrater. Des vitamines B1 et B6 seront prescrites ainsi qu’un traitement à base de benzodiazépines.

Le maintien de l’abstinence

L’étape suivante est la plus longue et la plus difficile : faire preuve d’une abstinence totale afin de ne pas retomber dans la dépendance à l’alcool. La prise en charge psychologique et sociale est alors primordiale pour accompagner le patient dans sa lutte quotidienne.

Au niveau médical, certains médicaments comme l’Acamprosate, le Disulfirame ou la Naltrexone agissent sur le cerveau et dissuadent de consommer de l’alcool. Le Bacloflène est également utilisé même si son autorisation de mise sur le marché ne concerne pas le traitement de l’alcoolisme.

Il est d’ailleurs au cœur de vives discussions depuis la décision cet été de l’agence nationale de sécurité du médicament de diminuer la dose autorisée.

Pour information : Alcool Info Service : 0 980 980 930

Thérapies comportementales et soutien psychosocial

Les thérapies comportementales, telles que la thérapie cognitive-comportementale (TCC), jouent un rôle crucial en aidant les individus à développer des stratégies pour gérer leur consommation d'alcool. Le soutien psychosocial, y compris les groupes de soutien et les programmes de réhabilitation, offre des ressources précieuses pour maintenir la sobriété.

Prévention et sensibilisation à l'alcoolo-dépendance

La prévention est un pilier essentiel dans la lutte contre l'alcoolo-dépendance. Sensibiliser le public aux dangers de la consommation excessive d'alcool et promouvoir des comportements responsables est vital. Les initiatives de prévention peuvent être découvertes en détail sur la page dédiée aux mesures de prévention santé.

Importance de l'intervention précoce

L'intervention précoce peut significativement réduire les risques de complications sévères liées à l'alcool. Identifier les comportements à risque et engager des discussions ouvertes sur les conséquences de l'alcool peut aider à prévenir l'escalade vers une dépendance.

Quels sont les traitements médicamenteux disponibles ?

Le traitement de l'alcoolo-dépendance peut parfois impliquer l'usage de médicaments, mais il est crucial de reconnaître les risques associés à certains types de médicaments. Par exemple, l'utilisation de médicaments coupe-faim a déjà conduit à des scandales de santé publique, soulignant l'importance de la prudence dans les prescriptions médicales.

Le baclofène : efficacité et mode d'action

Le baclofène, agoniste des récepteurs GABA-B, agit sur le système nerveux central pour diminuer l'envie irrépressible de consommer de l'alcool. Les études montrent une réduction de la consommation chez 80% des patients après trois mois de traitement personnalisé, avec une posologie entre 30 et 80 mg par jour sous surveillance médicale.

L'acamprosate et la naltrexone dans le traitement

Ces traitements médicamenteux réduisent significativement le désir de consommer de l'alcool. L'acamprosate diminue les rechutes de 30% après six mois, tandis que la naltrexone réduit le plaisir lié à la consommation. La combinaison de ces molécules avec un entretien motivationnel permet d'atteindre 45% d'abstinence après un an.

Les anxiolytiques et la vitamine B1-B6 en soutien

Les anxiolytiques, notamment les benzodiazépines, atténuent les symptômes de manque. Un apport en vitamines B1 et B6 complète le traitement pour compenser les carences et protéger le système nerveux. La prescription de 2 à 4 comprimés par jour durant les premières semaines, associée aux anxiolytiques, réduit les risques de rechute tout en soutenant la récupération.

Interactions médicamenteuses et risques

Les interactions entre l'alcool et certains médicaments peuvent être dangereuses, voire mortelles. Les médicaments à base de codéine, par exemple, sont désormais soumis à des restrictions pour éviter les abus et les risques.

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Melaine LECARDONNEL
Melaine LECARDONNEL Rédactrice santé

Juriste de formation, Mélaine Lecardonnel est rédactrice web spécialisée dans les domaines de l'assurance depuis 2015. Ses connaissances juridiques et son expertise lui permettent de vulgariser avec clarté des notions complexes. Soucieuse d'apporter une information fiable et accessible, elle tente de permettre aux lecteurs de faire des choix éclairés pour protéger leur santé et leur budget.

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